Le verbe choisir conjugué au passé simple produit des formes que l’élève connaît déjà au présent de l’indicatif : je choisis, tu choisis, il choisit. Cette homonymie est le premier obstacle à lever avant même de parler de terminaisons. Partir de ce que l’enfant sait du présent permet de construire le passé simple sans le présenter comme un temps étranger.
Présent et passé simple de choisir : pourquoi les formes se ressemblent
Au singulier, le présent de l’indicatif et le passé simple de choisir s’écrivent exactement de la même façon. Je choisis, tu choisis, il choisit : pas un accent, pas une lettre de différence. Un élève de CM1 ou CM2 qui découvre le passé simple a donc l’impression de déjà connaître ces formes.
La distinction ne se fait qu’au pluriel. Au présent, le verbe garde le suffixe en -iss- caractéristique du deuxième groupe : nous choisissons, vous choisissez, ils choisissent. Au passé simple, ce suffixe disparaît et les terminaisons changent radicalement : nous choisîmes, vous choisîtes, ils choisirent.
Faire observer cette différence au pluriel est un levier pédagogique concret. L’enfant repère que le passé simple supprime le -iss- et ajoute des terminaisons inhabituelles, parfois coiffées d’un accent circonflexe. Cela suffit pour qu’il comprenne que le passé simple n’est pas le présent, même quand les formes au singulier sont identiques.

Terminaisons du passé simple pour les verbes du deuxième groupe
Choisir appartient au deuxième groupe (infinitif en -ir, participe présent en -issant). Tous les verbes de ce groupe suivent le même modèle au passé simple, sans exception. C’est un point rassurant à transmettre à l’élève : apprendre la conjugaison de choisir, c’est apprendre celle de finir, réussir, grandir, bondir.
Voici les terminaisons à mémoriser :
- Je choisis, tu choisis : terminaison -is, identique au présent au singulier.
- Il choisit, elle choisit : terminaison -it, là encore semblable au présent.
- Nous choisîmes, vous choisîtes : terminaisons -îmes et -îtes, avec l’accent circonflexe sur le i.
- Ils choisirent, elles choisirent : terminaison -irent, sans accent.
L’accent circonflexe aux première et deuxième personnes du pluriel est le seul signe graphique propre au passé simple dans cette conjugaison. Le signaler tôt évite les oublis en dictée ou en rédaction.
Reconnaître le passé simple de choisir dans un récit
Le passé simple s’utilise presque exclusivement à l’écrit, dans les récits. À l’oral, il a quasiment disparu au profit du passé composé. Un élève de primaire le rencontrera surtout en lisant un roman, un conte ou un texte documentaire narratif.
Pour aider l’enfant à identifier le temps, un test simple fonctionne bien : chercher un indicateur de temps ponctuel dans la phrase. Des mots comme « soudain », « ce jour-là », « à cet instant », « alors » signalent souvent une action brève et terminée, typique du passé simple.
Comparons deux phrases :
« Chaque matin, il choisissait un fruit dans la corbeille. » L’imparfait décrit une habitude, une action qui se répète. Le décor est planté.
« Soudain, il choisit la pomme rouge et sortit en courant. » Le passé simple marque une action unique, datée, avec un début et une fin. Le récit avance.
Ce contraste entre imparfait pour la durée et passé simple pour l’action ponctuelle est le repère le plus fiable à donner à un élève. Il ne repose pas sur la forme du verbe (puisque « choisit » existe aux deux temps) mais sur le sens de la phrase et les mots qui l’entourent.
Exercice pratique pour ancrer la conjugaison de choisir au passé simple
La mémorisation passe mieux par la manipulation que par la récitation. Un exercice efficace consiste à donner à l’élève un court texte au présent et à lui demander de le réécrire au passé simple. Le verbe choisir, mêlé à d’autres verbes du deuxième groupe, permet de vérifier que le modèle de conjugaison est compris.
Exemple de consigne : « Réécris ce passage en remplaçant le présent par le passé simple. »
« Les enfants choisissent leur équipe. Le capitaine réunit ses joueurs. Tout le monde applaudit. »
Résultat attendu : « Les enfants choisirent leur équipe. Le capitaine réunit ses joueurs. Tout le monde applaudit. »
L’élève remarque ici que « réunit » et « applaudit » ne changent pas de forme entre le présent et le passé simple (verbes du troisième groupe avec des formes homonymes). Cela renforce l’idée que le contexte prime sur la forme pour identifier le temps.

Progression au cycle 3 : reconnaissance avant production
Les programmes du cycle 3 prévoient une approche progressive. En CM1, le travail porte sur la découverte du passé simple : l’élève apprend au repérer dans un texte lu. En CM2, la mémorisation des formes est un attendu de fin d’année, notamment pour les verbes des premier et deuxième groupes ainsi que quelques verbes irréguliers fréquents.
La production écrite au passé simple (rédiger un récit en utilisant ce temps) devient un objectif plus ciblé à partir de la sixième. Attendre d’un élève de CM1 qu’il écrive spontanément « nous choisîmes » serait prématuré. En revanche, lui demander de compléter un texte à trous avec les bonnes terminaisons est tout à fait adapté.
Le verbe choisir, parce qu’il appartient au deuxième groupe régulier, constitue un bon point d’entrée. Ses terminaisons au passé simple sont prévisibles et transposables à tous les autres verbes en -ir du même groupe. Une fois le mécanisme compris sur choisir, l’élève peut conjuguer finir, réfléchir ou obéir au passé simple sans aide supplémentaire.
Le piège réel pour un élève de primaire n’est donc pas la conjugaison elle-même, qui reste régulière, mais la capacité à distinguer présent et passé simple au singulier. Revenir systématiquement au pluriel pour vérifier le temps (« est-ce qu’on dirait nous choisissons ou nous choisîmes ? ») donne à l’enfant un outil de contrôle autonome qu’il peut appliquer à chaque relecture.

