Le Fongecif, à qui s’adresse réellement ce dispositif ?

Créé en 1983, le fongecif regroupe les structures qui défendent l’égalité des chances dans le monde du travail. Sa mission : offrir aux salariés un tremplin pour transformer leur parcours professionnel. Chaque année, environ 2 000 projets voient le jour grâce à ce dispositif. Mais concrètement, qui peut vraiment bénéficier du fongecif ? Focus sur ses rouages, ses usagers et les conditions d’accès à ce levier souvent méconnu.

Comment fonctionne le fongecif ?

Le principe est simple : le fongecif fonctionne grâce à des contributions obligatoires versées par les entreprises, pouvant aller jusqu’à 0,2 % de la masse salariale brute. Cette enveloppe rend possible plusieurs dispositifs au service des salariés : le congé individuel de formation (CIF), la validation des acquis de l’expérience (VAE) et, anciennement, le droit individuel à la formation (DIF), désormais intégré au compte personnel de formation (CPF) depuis 2015.

Son action ne se limite pas au strict respect du temps de travail. Le fongecif s’investit aussi pour les salariées et salariés souhaitant se former en dehors de leurs horaires. Lorsque le projet aboutit à un départ en CIF, le fonds couvre les frais pédagogiques et prend en charge le maintien du salaire. Déplacement et hébergement possibles lors de la formation : là aussi, le fongecif peut intervenir, selon le cas et sous conditions.

Qui sont les bénéficiaires du fongecif ?

Principalement, ce dispositif s’adresse à celles et ceux qui justifient au moins de 24 mois d’ancienneté, dont 12 mois dans leur entreprise actuelle. Pour les salariés issus de l’artisanat, ce seuil s’élève à 36 mois pour accéder à une formation via le fongecif.

Certains profils sont privilégiés lorsque les dossiers sont étudiés. Les arbitrages se fondent notamment sur ces situations :

  • Salariés âgés de plus de 40 ans
  • Personnes engagées dans une reconversion professionnelle
  • Collaborateurs au niveau de formation initiale peu élevé
  • Professionnels n’ayant encore jamais bénéficié d’une démarche de formation

Quelles démarches pour décrocher une formation avec le fongecif ?

Le parcours démarre par quelques étapes clés qui ne laissent aucune place à l’improvisation. Précisons-les clairement :

  • L’employeur doit être officiellement informé via lettre recommandée avec accusé de réception, au minimum 60 jours avant le démarrage de la formation
  • Le salarié prépare un dossier argumenté qui décrit son projet professionnel ; ce dossier est complété avec l’appui de l’entreprise, puis transmis à l’organisme fongecif compétent
  • Il produit les justificatifs demandés par le conseiller fongecif lors de la phase de contact

Pendant un congé individuel de formation, le salarié conserve ses droits aux congés et primes. Pour une démarche VAE, la logique diffère : il faut un dossier auprès d’un point relais conseil, réunir preuves et justificatifs, parfois régler certains frais avant validation du projet.

Quelles formations le fongecif finance-t-il ?

Le spectre est large : de la remise à niveau à la conversion totale, le fongecif peut soutenir de multiples parcours. On y trouve notamment :

  • Des formations qualifiantes, pour décrocher titre ou diplôme reconnu
  • Des cursus figurant au RNCP ou au Répertoire Spécifique
  • Des bilans de compétences, démarches VAE ou préparation de concours
  • Des actions permettant de combiner vie privée et vie professionnelle, à l’image du CIF hors temps de travail

Le montant attribué dépend du dossier et du poste occupé. Par exemple, un salarié visant un diplôme inscrit au RNCP augmente sensiblement ses chances d’obtenir un financement. Le fongecif peut aussi soutenir une partie des frais liés au transport ou à l’hébergement, voire proposer un chèque mobilité. Néanmoins, un plafond s’applique selon le statut de chacun.

Ce dispositif ouvre la voie à tous ceux qui désirent muscler leurs compétences, prendre un virage, décrocher une certification ou simplement donner un nouvel élan à leur évolution professionnelle sans quitter l’emploi.

Comment préparer une demande de financement ?

La constitution du dossier est capitale. Plusieurs documents sont généralement sollicités :

  • Une lettre de motivation exposant la démarche
  • Un devis détaillé chiffrant le coût global de la formation
  • Les justificatifs des frais annexes comme les déplacements ou hébergements

Ajoutez à cela une attestation d’entreprise pour prouver votre statut. Les conseillers en évolution professionnelle étudient la demande et notifient la décision.

Et si la réponse est négative ? D’autres dispositifs existent pour continuer à se former ou rebondir : le CPF, par exemple, permet d’accéder à de nombreuses formations, en mobilisant le crédit acquis au fil des années. Certaines de ces formations sont également accessibles via le fongecif, une piste à ne pas négliger.

À budget limité, recours du fongecif ou CPF : l’accompagnement ne manque pas pour les salariés décidés à prendre leur destin professionnel en main, même face aux obstacles financiers.

Les conditions à respecter pour bénéficier du fongecif

S’adresser au fongecif nécessite de répondre à des conditions précises, réparties en plusieurs critères :

  • Travailler dans le secteur privé
  • Totaliser au moins 24 mois d’ancienneté, consécutifs ou non, dans la même structure ou groupe (une dérogation peut intervenir en cas de mobilité ou de rupture conventionnelle)
  • Respecter le périmètre géographique du fongecif compétent (le dossier doit correspondre à la localisation du poste actuel ou du futur emploi envisagé, après accord du conseiller en évolution professionnelle)

Mieux vaut vérifier précisément l’adéquation entre son profil et ces critères avant d’engager la démarche. Pour celles et ceux dont la situation ou la localisation ne collent pas, le CPF peut représenter une alternative crédible.

Remplir ces trois cases, secteur privé, ancienneté suffisante et secteur géographique concerné, et le fongecif s’ouvre à vous comme une perspective réelle de transition professionnelle.

Un accompagnement sur-mesure avec le fongecif

Obtenir un financement, c’est franchir une étape. Être accompagné, c’est sécuriser toute la trajectoire. Après validation du dossier, un conseiller en évolution professionnelle devient un allié : il suit le salarié, aide à structurer le projet, ajuste le parcours, répond aux interrogations, défocalise les freins.

Cet appui, loin d’être théorique, prend la forme d’entretiens individuels réguliers, d’accès à des bilans de compétences ou à des aides ponctuelles (financières ou de remise à niveau). Le salarié sait qu’il ne traverse pas ce changement seul : chaque étape peut bénéficier d’un vrai relais humain, pour surmonter le doute ou réorienter la feuille de route en cas d’imprévu.

Bien plus qu’un guichet, le fongecif affirme sa posture de partenaire. Pour qui ose donner une autre couleur à son parcours professionnel, la porte reste ouverte. Reste à pousser, pour accueillir le changement plutôt que le subir.