1 000 euros ou 1 200 euros : pour un demandeur d’emploi en formation, le montant ne tombe pas toujours comme on l’attend. Le passage de l’ARE à l’AREF, loin d’être anecdotique, peut tout changer, parfois dès le premier jour de stage. Derrière les sigles, ce sont des droits, des démarches et des rythmes de paiement qui évoluent. Et la nuance n’a rien d’accessoire : elle s’invite au cœur du parcours de chaque personne décidant de se former en étant indemnisée.
Le passage de l’ARE à l’AREF intervient sous conditions précises et implique des démarches spécifiques auprès de France Travail. Une confusion fréquente concerne les montants et la compatibilité avec d’autres aides, dont le compte personnel de formation (CPF).
Comprendre la différence entre ARE et AREF : ce que chaque allocation change pour vous
Sur le papier, ARE et AREF pourraient presque se confondre. Mais dans la réalité, chaque allocation s’adresse à une étape bien précise du parcours d’un demandeur d’emploi, avec des conséquences tangibles sur les droits, les démarches et le quotidien administratif avec France Travail.
L’Allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) constitue la base de l’indemnisation chômage : elle s’adresse à ceux qui, inscrits à France Travail, remplissent les conditions d’activité antérieure et de recherche active d’emploi. Cette allocation représente un socle, offrant un filet financier le temps de retrouver un poste.
Le passage à l’AREF s’opère dès qu’une formation est validée par France Travail. À partir de ce moment, l’AREF prend le relais pour accompagner la personne tout au long de sa montée en compétences, à condition que la formation s’inscrive dans le projet personnalisé d’accès à l’emploi. Ce dispositif vise à éviter toute interruption de droits, tout en adaptant le cadre aux exigences de la formation.
Voici les grandes lignes qui distinguent les deux allocations :
- L’ARE reste en vigueur tant que la priorité est donnée à la recherche active d’un emploi.
- L’AREF prend la suite dès l’entrée dans une formation agréée, avec parfois un ajustement du montant versé ou une extension de la durée d’indemnisation selon les cas.
La différence entre ARE et AREF ne se limite pas à une formalité administrative. Elle influe sur la façon dont les frais annexes sont pris en charge, sur les délais de paiement et sur l’accès à certains dispositifs complémentaires. Chaque étape implique une actualisation précise auprès de France Travail : c’est cette rigueur qui garantit la continuité des droits, notamment lors de formations longues ou qualifiantes. Anticiper cette transition, c’est éviter les mauvaises surprises et préserver sa stabilité financière tout au long du parcours.
À qui s’adresse l’AREF et dans quelles situations pouvez-vous en bénéficier ?
L’AREF s’adresse d’abord à ceux qui touchent déjà l’ARE et qui s’engagent dans une formation validée par France Travail. Ce passage ne se fait pas à la légère : il doit s’inscrire dans le projet personnalisé d’accès à l’emploi, avec une cohérence réelle entre la formation choisie et le projet professionnel.
Plusieurs profils peuvent prétendre à l’AREF : personnes en reconversion, demandeurs d’emploi de longue durée, jeunes en contrat d’engagement. Les formations concernées sont celles reconnues par France Travail, qu’elles relèvent du CPF ou d’un autre dispositif spécifique. Grâce à l’AREF, la transition vers l’acquisition de compétences se fait sans rupture dans l’indemnisation.
Trois conditions principales doivent être remplies pour bénéficier de l’AREF :
- Entrer en formation agréée et inscrite dans le PPAE (projet personnalisé d’accès à l’emploi).
- Respecter les critères d’indemnisation en vigueur avant d’entamer la formation.
- Suivre une formation validée, qu’elle soit à temps plein ou partiel.
Des adaptations spécifiques existent parfois pour les seniors ou les personnes en situation de handicap, notamment concernant la durée de versement. Sont aussi concernés les demandeurs d’emploi qui reprennent des études ou suivent une formation qualifiante, à condition que cette démarche soit validée par leur conseiller. L’AREF s’impose alors comme un levier central du retour à l’emploi, articulant accompagnement, stabilité financière et progression professionnelle.
Montants, durée, cumul : ce que vous devez savoir sur vos droits
L’ARE, c’est le socle du revenu pour toute personne inscrite à France Travail et indemnisée. Son montant dépend du salaire antérieur, avec un plafonnement à 75 % et un seuil à 57 % du salaire journalier de référence, calculé sur les douze derniers mois d’activité. Les indemnités de licenciement ou les primes exceptionnelles ne sont pas intégrées dans ce calcul.
Quand une formation commence, l’AREF prend le relais. Le montant versé reste identique à celui de l’ARE, sauf si ce dernier dépasse le plafond légal. Il n’existe pas de majoration automatique, mais pour certaines formations longues ou certifiantes, la rémunération de fin de formation (RFF) peut venir compléter l’allocation, dans la limite du montant du SMIC net.
La durée d’indemnisation sous AREF correspond en principe à celle prévue pour l’ARE. Suivre une formation n’interrompt pas le décompte des droits. Toutefois, une prolongation peut être accordée dans certaines situations, notamment pour les personnes arrivant en fin de droits qui poursuivent un parcours certifiant.
Le cumul entre ARE ou AREF et une activité réduite reste possible, à condition de déclarer chaque mois les revenus perçus. CSG et CRDS sont prélevées sur les allocations, selon les règles en vigueur. Le maintien des droits dépend alors du respect des obligations déclaratives et de la cohérence du projet de formation dans la trajectoire de retour à l’emploi.
Procédure simple pour demander l’AREF et articuler avec le CPF
La demande d’AREF s’organise autour de deux interlocuteurs clés : France Travail et l’organisme de formation. La première étape consiste à inscrire la formation dans le projet personnalisé d’accès à l’emploi. Cette validation garantit l’alignement entre le parcours du demandeur d’emploi et la formation retenue.
Avant de se lancer, il est indispensable de vérifier si la formation est éligible et de solliciter un rendez-vous avec son conseiller France Travail. Celui-ci évalue la cohérence du projet et donne son accord. La demande d’AREF se fait ensuite en ligne, via l’espace personnel, au moment de l’actualisation mensuelle : mentionnez le début de la formation pour adapter le versement.
Mobiliser le CPF dans ce cadre
Pour utiliser le CPF dans ce contexte, voici les démarches à suivre :
- Consultez le solde de votre compte personnel de formation sur la plateforme officielle.
- Choisissez une formation certifiante, compatible avec le CPF et adaptée à votre statut de demandeur d’emploi.
- Contactez l’organisme de formation pour obtenir un devis et validez avec France Travail le financement conjoint si besoin.
Le cumul ARE/AREF et CPF s’applique dès lors que la formation vise un retour à l’emploi. L’actualisation mensuelle demeure obligatoire, même pendant la formation. La réussite du parcours repose sur la coordination entre France Travail, l’organisme de formation et le gestionnaire du CPF. Cette vigilance permet d’éviter toute interruption dans le versement des allocations et d’avancer sereinement vers son nouveau projet professionnel.


